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Empoisonnement Cote MA-75-1933

L’affaire Violette Nozière

Paris, 1933 : une jeune femme de 18 ans est accusée d'avoir empoisonné ses parents. Condamnée à mort en 1934, elle est réhabilitée en 1963.

Paris 12e (Paris) 1933 – 1934 Jugée

Photographie de presse de 1933 : Violette Nozière, assise sur un banc dans un couloir, le col de son manteau relevé, à côté d'un garde en uniforme.
Violette Nozière dans les couloirs de l’instruction, photographie de presse, 1933. Agence de presse Meurisse, réf. 105658 A — Gallica, Bibliothèque nationale de France, domaine public.Agence de presse Meurisse, 1933 — Gallica, Bibliothèque nationale de France — domaine public. Page du fichier sur Gallica (nouvel onglet)

01Résumé

Dans la nuit du 21 au 22 août 1933, à Paris, Baptiste et Germaine Nozière absorbent un barbiturique. Le père meurt ; la mère survit. Leur fille Violette, 18 ans, est arrêtée le 28 août 1933.

Jugée par la cour d’assises de la Seine en octobre 1934, elle est condamnée à mort. Violette Nozière affirme que son père abusait d’elle ; selon le ministère de la Justice, ce mobile n’est pas retenu. Sa peine est réduite en 1942, elle est libérée en 1945, puis réhabilitée par la cour d’appel de Rouen le 13 mars 1963.

02Contexte

La famille Nozière vit dans le 12e arrondissement de Paris. En 1933, Violette a 18 ans.

03Les faits

04L’enquête

Violette Nozière est arrêtée le 28 août 1933.

05Les protagonistes

  • Condamnée

    Violette Nozière

    18 ans au moment des faits. Elle affirme que son père abusait d'elle.

    Statut judiciaire Condamnée à mort en octobre 1934 ; peine réduite à douze ans de travaux forcés en 1942 ; libérée en 1945 ; réhabilitée le 13 mars 1963 par la cour d'appel de Rouen.

  • Victime

    Baptiste Nozière

    Père de Violette. Mort après avoir absorbé le barbiturique, en août 1933.

  • Victime

    Germaine Nozière

    Mère de Violette. A survécu à l'empoisonnement.

  • Avocat général (1934)

    M. Gaudel

    Requiert la peine de mort, selon Le Journal du 13 octobre 1934 cité par RetroNews.

06La justice

Le procès s’ouvre le 10 octobre 1934 devant la cour d’assises de la Seine. Selon Le Journal du 13 octobre 1934, cité par RetroNews, l’avocat général Gaudel requiert la peine de mort.

La peine de mort n’est pas exécutée. En 1942, le maréchal Pétain réduit la peine à douze ans de travaux forcés. Violette Nozière est libérée en 1945.

07Chronologie

  1. 23 mars 1933

    Première tentative d'empoisonnement des parents.

    Établi
  2. Nuit du 21 au 22 août 1933

    Les époux Nozière absorbent un barbiturique. Le père meurt ; la mère survit.

    Établi
  3. 28 août 1933

    Arrestation de Violette Nozière.

    Établi
  4. 10 octobre 1934

    Ouverture du procès devant la cour d'assises de la Seine, à Paris.

    Établi
  5. 12 octobre 1934 (13 octobre selon certains comptes rendus)

    Condamnation à mort pour parricide et empoisonnement, sans circonstances atténuantes.

    Établi
  6. 1942

    La peine est réduite à douze ans de travaux forcés par le maréchal Pétain.

    Établi
  7. 1945

    Libération de Violette Nozière.

    Établi
  8. 13 mars 1963

    La cour d'appel de Rouen prononce sa réhabilitation.

    Établi

08La presse et les surréalistes

L’affaire est suivie de près par la presse. D’après les extraits cités par RetroNews, une partie des journaux décrit l’accusée comme dépourvue d’émotion et relativise la portée de ses accusations ; ces jugements sont ceux de la presse de l’époque.

Dès 1933, les surréalistes prennent sa défense. Selon le Centre Pompidou, ils publient une plaquette collective, Violette Nozières, avec des textes de Breton, Crevel, Éluard, Moro et Maurice Henry, des illustrations de Dalí, Ernst, Arp, Tanguy, Marcel Jean, Giacometti et Magritte, et une couverture photographique de Man Ray.

09Ce que l’on sait aujourd’hui

  • Baptiste Nozière est mort après avoir absorbé un barbiturique en août 1933 ; Germaine Nozière a survécu.
  • Violette Nozière a été arrêtée le 28 août 1933 et condamnée à mort par la cour d’assises de la Seine en octobre 1934, sans circonstances atténuantes.
  • Sa peine a été réduite à douze ans de travaux forcés en 1942 ; elle a été libérée en 1945.
  • Elle a été réhabilitée par la cour d’appel de Rouen le 13 mars 1963.

10Les zones d’ombre

11Sources

Les informations de cette fiche s'appuient sur les documents suivants. Les sources primaires (presse de l'époque, décisions de justice, archives) sont privilégiées.

  1. Article

    Violette Nozière. Autrice d'un parricide

    Ministère de la Justice, 9 janvier 2020

    Source institutionnelle : faits d'août 1933, procès des 10-12 octobre 1934, condamnation à mort, mobile de l'inceste non retenu, réduction de peine de 1942, libération en 1945, réhabilitation du 13 mars 1963 et sa portée juridique.

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  2. Article

    L'affaire Violette Nozière

    Marina Bellot, RetroNews (BnF), 5 février 2017

    Revue de la presse de 1933-1934 (Le Figaro, Paris-Soir, Le Journal) : tentative du 23 mars 1933, réquisitoire de l'avocat général Gaudel, verdict sans circonstances atténuantes.

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  3. Presse de l'époque

    Affaire Violette Nozière [journaux de l'époque]

    Collection Philippe Zoummeroff, Criminocorpus, 1933-1934

    Recueil de 132 pages de coupures de presse sur l'affaire et le procès. Tous droits réservés : consultable sur Criminocorpus, non reproduit ici.

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  4. Archives

    Couverture de Violette Nozières

    Man Ray, Centre Pompidou (Musée national d'art moderne), 1933

    Épreuve gélatino-argentique, inv. AM 1994-394 (800). La notice date l'arrestation du 28 août 1933 et décrit la plaquette collective des surréalistes. © Man Ray Trust / Adagp : œuvre protégée, non reproduite.

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  5. Article

    Violette Nozière : comment une empoisonneuse et parricide a levé le tabou de l'inceste au 20e siècle

    Juliette Prouteau, RTBF, 20 août 2023

    Source secondaire s'appuyant sur les travaux d'Anne-Emmanuelle Demartini : chronologie de 1933, arrestation, procès.

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  6. Article scientifique

    Travaux d'Anne-Emmanuelle Demartini sur l'affaire Nozière

    Anne-Emmanuelle Demartini, Revue d'histoire moderne et contemporaine (2009) ; Histoire de la justice, n° 30 (2020) ; Violette Nozière, la fleur du mal, Champ Vallon (2017)

    Travaux de référence sur l'affaire, signalés pour approfondissement : non consultés directement pour cette fiche.

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  7. Archives

    Violette Nozières dans les couloirs de l'Instruction

    Agence de presse Meurisse, Gallica, Bibliothèque nationale de France — réf. Meurisse 105658 A, ensemble Pho20Meu, 16 octobre 1933 (date indiquée dans la notice)

    Photographie reproduite en tête de cette fiche : elle se rapporte à l'instruction de 1933, non au procès de 1934. Domaine public en France selon la notice Wikimedia Commons (fichier « Violette Nozières dans les couloirs de l'Instruction - btv1b9026911m.jpg »).

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  8. Archives

    Rue de Madagascar, reconstitution du crime de Violette Nozières

    BnF / Gallica

    Piste iconographique : photographie de presse signalée sur Gallica. Notice (auteur, date, droits) non vérifiée : image non reproduite.

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  9. Encyclopédie

    Violette Nozière

    Wikipédia

    Piste de recherche, non utilisée comme source principale.

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Dernière vérification de la fiche : 29 septembre 2026.

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