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Meurtre Cote MA-72-1933

L’affaire des sœurs Papin

Le crime des sœurs Papin

Le Mans, 2 février 1933 : Léonie Lancelin et sa fille Geneviève sont tuées par leurs deux domestiques, Christine et Léa Papin. Jugées en septembre 1933, les deux sœurs sont condamnées, Christine à mort, Léa à dix ans de travaux forcés.

Le Mans (Sarthe) 1933 – 2001 Jugée

01Résumé

Le 2 février 1933, au Mans, Léonie Lancelin et sa fille Geneviève sont tuées à leur domicile par Christine et Léa Papin, les deux domestiques de la maison.

Pendant l’instruction, trois experts psychiatres concluent que les deux sœurs ne sont pas des aliénées. Jugées par la cour d’assises siégeant au Mans les 28 et 29 septembre 1933 selon RetroNews, Christine est condamnée à mort, Léa à dix ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour. La peine de Christine est commuée le 22 janvier 1934 ; elle meurt en 1937. Léa est libérée en 1943 et meurt en 2001.

L’affaire a suscité des lectures psychiatriques divergentes, notamment entre les experts commis par la justice et le docteur Logre. Jacques Lacan lui a consacré un texte en 1933 dans la revue Minotaure.

02Contexte

Christine et Léa Papin sont sœurs. Elles sont domestiques au service de René Lancelin, ancien avoué honoraire et administrateur à la Mutuelle, selon Criminocorpus. La famille habite un hôtel particulier du quartier des Jacobins, au Mans.

Le domicile est situé « au 6 rue Brugère » selon Criminocorpus ; d’autres sources écrivent « rue Bruyère » (Isabelle Bedouet) ou « 6 rue de Bruyère » (Ville de Rennes).

03Les faits

Les circonstances précises de la découverte des corps, l’heure des faits et le déroulement exact de la soirée ne sont pas établis par les sources retenues pour cette fiche.

04L’enquête

Christine et Léa Papin sont poursuivies et l’affaire est instruite au cours de l’année 1933. Les procès-verbaux d’interrogatoire et le dossier d’instruction n’ont pas été consultés pour cette fiche.

Les expertises psychiatriques

La presse de l’époque écrit les noms « Schulzenberger » et « Barruck » ; les graphies retenues ici sont celles des sources spécialisées.

La position du docteur Logre

05Les protagonistes

  • Condamnée

    Christine Papin

    1905 – 1937

    Domestique de la famille Lancelin, sœur aînée de Léa.

    Statut judiciaire Condamnée à mort par la cour d'assises le 29 septembre 1933 ; peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 22 janvier 1934 ; admise à la cellule psychiatrique de Saint-Méen le 25 mai 1934 ; morte en 1937.

  • Condamnée

    Léa Papin

    1911 – 2001

    Domestique de la famille Lancelin, sœur cadette de Christine.

    Statut judiciaire Condamnée le 29 septembre 1933 à dix ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour ; libérée en 1943.

  • Victime

    Léonie Lancelin

    Patronne des deux sœurs. Tuée à son domicile le 2 février 1933.

  • Victime

    Geneviève Lancelin

    Fille de Léonie Lancelin. Tuée avec sa mère le 2 février 1933.

  • Employeur des sœurs Papin

    René Lancelin

    Ancien avoué honoraire et administrateur à la Mutuelle, selon Criminocorpus.

  • Expert psychiatre commis par la justice

    Pierre Schützenberger

    1888 – 1973

    Médecin-chef à l'asile public du Mans, commis expert le 3 février 1933 selon Denis Tiberghien. Le Petit Journal du 29 septembre 1933 écrit « Schulzenberger ».

  • Expert associé

    Victor Truelle

    Médecin en chef de l'asile de Sainte-Anne (Paris), adjoint à Pierre Schützenberger en avril 1933 selon Denis Tiberghien ; cosignataire du rapport du 1er juin 1933.

  • Expert associé

    Jacques Baruk

    Médecin à l'asile de « Saint-Gemme (Angers) » selon Denis Tiberghien, adjoint à Pierre Schützenberger en avril 1933 ; cosignataire du rapport du 1er juin 1933. Le Petit Journal du 29 septembre 1933 écrit « Barruck ».

  • Expert de la partie civile

    Benjamin-Joseph Logre

    Selon Denis Tiberghien, expert de la partie civile, il souligne notamment la possibilité d'idées délirantes. Le Petit Journal du 29 septembre 1933 écrit qu'il défend « la thèse inverse » de celle des experts. Il ne fait pas partie des trois experts commis par la justice.

  • Président de la cour d'assises

    M. Beucher

    Conseiller présidant les débats de septembre 1933, selon RetroNews.

  • Psychiatre, auteur d'une interprétation de l'affaire

    Jacques Lacan

    Publie en 1933, dans la revue Minotaure, un texte consacré au crime des sœurs Papin. Son analyse est une interprétation, non une conclusion judiciaire.

06La justice

Le procès

Selon RetroNews, le procès s’ouvre le 28 septembre 1933 devant la cour d’assises siégeant au Mans, sous la présidence du conseiller Beucher. Selon Le Petit Journal du 29 septembre 1933, le maire du Mans, Me Jeneslay, fait prendre de « sévères mesures d’ordre » pour les audiences.

Les noms du représentant du ministère public et des avocats de la défense, ainsi que le contenu des réquisitions et des plaidoiries, n’ont pas été relevés dans les sources consultées.

Les condamnations

Louis Martin-Chauffier, qui assiste au procès pour l’hebdomadaire Vu (4 octobre 1933), penche dans son compte rendu vers l’hypothèse de la folie. C’est le point de vue d’un journaliste, non une conclusion de la justice.

07Après le procès

Selon la Ville de Rennes, Christine Papin est ensuite transférée à Rennes, à une date que la page ne précise pas. Le 25 mai 1934, elle est admise à la cellule psychiatrique de Saint-Méen. Christine meurt en 1937.

Selon la même page, Léa Papin est libérée en 1943 ; elle meurt en 2001 (année également donnée par Mélusine).

08L’interprétation de Lacan

En 1933, Jacques Lacan publie dans la revue Minotaure un texte consacré au crime des sœurs Papin.

09Chronologie

  1. 2 février 1933

    Au Mans, Léonie Lancelin et sa fille Geneviève sont tuées à leur domicile par Christine et Léa Papin, leurs domestiques.

    Établi
  2. 3 février 1933

    Pierre Schützenberger, médecin-chef à l'asile public du Mans, est commis expert.

    Établi
  3. avril 1933

    Jacques Baruk et Victor Truelle sont adjoints à Pierre Schützenberger pour l'expertise.

    Établi
  4. 1er juin 1933

    Rapport signé par les experts Pierre Schützenberger, Victor Truelle et Jacques Baruk : les deux sœurs ne sont pas des aliénées et n'ont aucun trouble mental pathologique.

    Établi
  5. 28 septembre 1933

    Ouverture du procès devant la cour d'assises siégeant au Mans, selon RetroNews.

    Établi
  6. 29 septembre 1933

    Après environ quarante minutes de délibération, Christine Papin est condamnée à mort ; Léa Papin à dix ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour.

    Établi
  7. 1933 (mois non vérifié)

    Jacques Lacan publie dans la revue Minotaure un texte consacré au crime des sœurs Papin.

    Établi
  8. 22 janvier 1934

    La peine de mort de Christine Papin est commuée en travaux forcés à perpétuité par le président de la République, Albert Lebrun.

    Établi
  9. 25 mai 1934

    Christine Papin est admise à la cellule psychiatrique de Saint-Méen.

    Établi
  10. 1937

    Mort de Christine Papin.

    Établi
  11. 1943

    Libération de Léa Papin.

    Établi
  12. 2001

    Mort de Léa Papin.

    Établi

10Ce que l’on sait aujourd’hui

  • Léonie Lancelin et sa fille Geneviève ont été tuées à leur domicile du Mans le 2 février 1933 par Christine et Léa Papin.
  • Les experts commis pendant l’instruction ont conclu que les deux sœurs n’étaient pas des aliénées (rapport signé le 1er juin 1933).
  • Le 29 septembre 1933, Christine a été condamnée à mort ; Léa à dix ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour.
  • La peine de Christine a été commuée en travaux forcés à perpétuité le 22 janvier 1934. Elle est morte en 1937.
  • Léa a été libérée en 1943 et est morte en 2001.

Bilan documentaire

Les faits et le procès reposent sur des documents de presse de 1933 conservés par Criminocorpus (Le Petit Parisien, Le Petit Journal, Vu) et sur la revue de presse de RetroNews. Les expertises sont connues par le résumé et l’aperçu de l’article de Denis Tiberghien ; les suites de la condamnation, par la page de la Ville de Rennes. Le dossier de la cour d’assises, les procès-verbaux d’enquête, le texte intégral du rapport d’expertise, l’intégralité de l’article de Tiberghien et le texte original de Lacan n’ont pas été consultés directement.

11Les zones d’ombre

12Sources

Les informations de cette fiche s'appuient sur les documents suivants. Les sources primaires (presse de l'époque, décisions de justice, archives) sont privilégiées.

  1. Presse de l'époque

    Affaire Papin (1933)

    Le Petit Parisien (Société du Petit Parisien & d'éditions Pierre Dupuy & Cie) ; ENAP/CRHCP, Criminocorpus, 1933

    Document de 14 pages numérisé par l'ENAP. La notice établit la date des faits, l'identité des victimes et de l'employeur, et situe le domicile « au 6 rue Brugère dans le quartier des Jacobins ». Tous droits réservés : consultable sur Criminocorpus, non reproduit ici.

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  2. Presse de l'époque

    Le procès des soeurs Papin qui tuèrent leur patronne motive aujourd'hui au Mans de sévères mesures d'ordre

    Le Petit Journal ; collection Philippe Zoummeroff, Criminocorpus, 29 septembre 1933

    Mesures d'ordre prises au Mans pour le procès ; conclusions du docteur « Schulzenberger » sur la « complète responsabilité » des accusées ; thèse inverse du docteur Logre ; audition attendue des experts Truelle et « Barruck ». Tous droits réservés.

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  3. Presse de l'époque

    Les sœurs Papin : un crime sans motif

    Louis Martin-Chauffier, Vu, n° 290, p. 1521-1522 ; Criminocorpus, 4 octobre 1933

    Compte rendu d'audience par un journaliste présent au procès, qui penche vers l'hypothèse de la folie. Point de vue de l'auteur, non conclusion judiciaire.

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  4. Article

    L'expéditif procès des sœurs Papin (2/2)

    Marina Bellot, RetroNews (BnF), 2 mars 2017

    Revue de la presse de 1933 (Le Petit Journal, Le Matin, L'Humanité, Paris-Soir) : procès des 28 et 29 septembre 1933, présidence du conseiller Beucher, délibération de quarante minutes, peines prononcées, commutation du 22 janvier 1934.

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  5. Article scientifique

    Motifs du crime paranoïaque : le crime des sœurs Papin

    Jacques Lacan, Minotaure, 1933

    Titre tel que donné par les sources secondaires. Texte primaire non consulté pour cette fiche : numéro de la revue, mois de parution et pages non vérifiés ; aucun passage n'en est cité.

  6. Article scientifique

    Pierre Schützenberger (1888–1973) : un aliéniste, expert dans l'affaire des sœurs Papin (Partie I)

    Denis Tiberghien, Annales médico-psychologiques, vol. 176, n° 1, p. 103-114 — DOI 10.1016/j.amp.2017.10.008, Janvier 2018

    Seuls le résumé et l'aperçu du texte ont été consultés : Schützenberger, médecin-chef à l'asile public du Mans, commis expert le 3 février 1933 ; Baruk et Truelle adjoints en avril 1933 ; rapport signé le 1er juin 1933 concluant que les sœurs ne sont pas des aliénées et n'ont « aucun trouble mental pathologique » ; Logre désigné comme « l'expert de la partie civile ».

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  7. Article

    Christine Papin

    Ville de Rennes, Site des cimetières de Rennes — Cimetière de l'Est, sépultures et personnalités

    Commutation de janvier 1934 puis transfert à Rennes (non daté) ; « Le 25 mai 1934 elle est admise à la cellule psychiatrique de Saint Méen » ; mort de Christine en 1937 ; sortie de Léa en 1943 et mort en 2001. La page ne cite pas ses sources, écrit « 6 rue de Bruyère » et porte en en-tête les dates « 1911-1937 », en contradiction avec la naissance en 1905 qu'elle indique.

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  8. Ouvrage

    Le Crime des sœurs Papin

    Isabelle Bedouet (préface de Jean-Claude Maleval), Imago

    Extrait consulté : date du 2 février 1933, nom des victimes et adresse « rue Bruyère ».

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  9. Encyclopédie

    Léa et Christine Papin

    Mélusine, site consacré au surréalisme

    Base consacrée au surréalisme : années de naissance (1905 et 1911) et de mort (1937 et 2001) des deux sœurs, classées parmi les « précurseurs et voisins » du mouvement.

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Dernière vérification de la fiche : 1er octobre 2026.

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