L’affaire Seznec
L'affaire Quéméneur-Seznec
Bretagne, 1923 : un conseiller général disparaît lors d'un voyage vers Paris. Son compagnon de route est condamné en 1924 ; la condamnation est contestée jusqu'au XXIe siècle.
01Résumé
En mai 1923, Pierre Quéméneur, négociant en bois à Landerneau et conseiller général du Finistère, part pour Paris en automobile avec Guillaume Seznec, maître de scierie à Morlaix. Il n’est jamais revu, et son corps n’a jamais été retrouvé.
Le 4 novembre 1924, la cour d’assises du Finistère condamne Guillaume Seznec aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et faux en écritures privées. La condamnation a ensuite fait l’objet de nombreuses demandes de révision, toutes rejetées, dont la dernière par la Cour de révision le 14 décembre 2006.
02Contexte
Les deux hommes sont en affaires ; selon Europe 1, le voyage avait pour objet la vente d’automobiles. Selon l’historien Bernez Rouz (Bécédia), une promesse de vente du domaine de Traou-Nez, à Plourivo (Côtes-du-Nord), pour 30 000 dollars-or, figure parmi les pièces de l’affaire.
03Les faits
Le 13 juin 1923, un télégramme est expédié du Havre. Le 25 juin, une valise y est découverte. Ces éléments entrent dans le dossier d’instruction.
04L’enquête
Guillaume Seznec est inculpé le 7 juillet 1923. Le policier Pierre Bonny participe à l’enquête.
05Les protagonistes
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Disparu
Pierre Quéméneur
Négociant en bois à Landerneau, conseiller général du Finistère. Son corps n'a jamais été retrouvé.
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Condamné
Guillaume Seznec
Mort en 1954
Maître de scierie à Morlaix. Il a clamé son innocence jusqu'à sa mort.
Statut judiciaire Condamné le 4 novembre 1924 aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et faux en écritures privées. Demandes de révision rejetées, la dernière le 14 décembre 2006.
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Policier ayant participé à l'enquête
Pierre Bonny
Révoqué de la police en 1935, fusillé après la Seconde Guerre mondiale. Un rôle dans une machination lui a ensuite été attribué par les partisans de la révision ; selon l'analyse du Club des juristes, la Cour de révision a écarté cette hypothèse en 2006.
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Président de la cour d'assises (1924)
Tom Dollin du Fresnel
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Avocat de la défense (1924)
Me Kahn
06La justice
Le procès se tient devant la cour d’assises du Finistère, à Quimper, du 24 octobre au 4 novembre 1924. Selon Bécédia, il est présidé par Tom Dollin du Fresnel ; 148 témoins sont convoqués ; l’avocat général requiert la peine de mort et la défense est assurée par Me Kahn.
Le 4 novembre 1924, Guillaume Seznec est condamné aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et faux en écritures privées. Il est transféré au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, le 29 avril 1927. Selon Bécédia, un décret du 4 février 1946, signé par Félix Gouin, intervient en sa faveur ; il est libéré le 2 juillet 1947. Il meurt en 1954.
La dernière demande de révision est déposée le 30 mars 2001 par la garde des Sceaux, Marylise Lebranchu. Le 11 avril 2005, la Commission de révision, estimant qu’il existe des éléments nouveaux, saisit la chambre criminelle de la Cour de cassation, statuant comme Cour de révision. L’audience publique a lieu le 5 octobre 2006.
07Chronologie
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24 mai 1923 (le 25 mai selon d'autres sources)
Guillaume Seznec et Pierre Quéméneur partent pour Paris en automobile.
Établi -
Fin mai 1923
Pierre Quéméneur disparaît au cours du voyage ; Seznec rentre en Bretagne.
Établi -
13 juin 1923
Envoi d'un télégramme depuis Le Havre, pièce du dossier d'instruction.
Établi -
25 juin 1923
Découverte d'une valise au Havre, pièce du dossier d'instruction.
Établi -
7 juillet 1923
Inculpation de Guillaume Seznec.
Établi -
24 octobre 1924
Ouverture du procès devant la cour d'assises du Finistère, à Quimper.
Établi -
4 novembre 1924
Guillaume Seznec est condamné aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et faux en écritures privées.
Établi -
29 avril 1927
Transfert au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane.
Établi -
4 février 1946
Décret signé par Félix Gouin, présenté comme un décret de grâce par la notice Bécédia (texte du décret non vérifié).
Établi -
2 juillet 1947
Libération de Guillaume Seznec.
Établi -
1954 (date exacte à vérifier)
Mort de Guillaume Seznec.
Établi -
30 mars 2001
La garde des Sceaux, Marylise Lebranchu, saisit la Commission de révision des condamnations pénales.
Établi -
11 avril 2005
La Commission de révision constate l'existence d'éléments nouveaux et saisit la chambre criminelle, statuant comme Cour de révision.
Établi -
5 octobre 2006
Audience publique devant la Cour de révision.
Établi -
14 décembre 2006
La Cour de révision rejette la demande de révision.
Établi
08Ce que l’on sait aujourd’hui
- Pierre Quéméneur a disparu en mai 1923, au cours d’un voyage vers Paris avec Guillaume Seznec ; son corps n’a jamais été retrouvé.
- Guillaume Seznec a été condamné le 4 novembre 1924 aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre et faux en écritures privées.
- Il a été libéré en 1947 et est mort en 1954.
- Quatorze demandes de révision ont été rejetées selon Bécédia et le Club des juristes ; la dernière l’a été par la Cour de révision le 14 décembre 2006.
09Les zones d’ombre
10Sources
Les informations de cette fiche s'appuient sur les documents suivants. Les sources primaires (presse de l'époque, décisions de justice, archives) sont privilégiées.
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Archives
Question écrite n° 115249 et réponse du ministre de la Justice
Assemblée nationale (XIIe législature), réponse du 20 mars 2007
Source officielle : condamnation du 4 novembre 1924 (meurtre et faux en écriture privée), chronologie de la révision 2001-2006, rejet du 14 décembre 2006, caractère définitif de la décision.
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Archives
Question écrite n° 107187 et réponse du ministre de la Justice
Assemblée nationale (XIIe législature), réponse du 19 décembre 2006
Source officielle : saisine du 30 mars 2001, avis de la Commission du 11 avril 2005, audience du 5 octobre 2006 ; pouvoirs de la Cour de révision lorsque le condamné est décédé (article 625 du code de procédure pénale).
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Archives
Questions écrites n° 674, 4821 et 5214 et réponses du ministre de la Justice
Assemblée nationale (XIIe législature), 2002
Source officielle : qualification « meurtre et faux en écritures privées », procédure de révision issue de la loi du 23 juin 1989.
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Décision de justice
Cour de cassation, chambre criminelle (Cour de révision), 14 décembre 2006
Légifrance
Référence officielle de l'arrêt. Texte intégral non consulté pour cette fiche (inaccessible lors de la vérification) : ses motifs sont rapportés ici d'après les sources indiquées.
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Article
L'affaire Seznec
Bernez Rouz, Bécédia (Bretagne Culture Diversité), mai 2021
Notice d'historien : promesse de vente de Traou-Nez, dates de 1923, procès, bagne, décret de 1946, libération, nombre de demandes de révision.
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Article
Un siècle après l'affaire Seznec : que peut encore faire la justice ?
Pauline Le Monnier de Gouville, maître de conférences (Paris II), Le Club des juristes, 14 mars 2018
Analyse universitaire des motifs de l'arrêt de 2006, loi du 20 juin 2014, fouilles de 2015-2016.
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Article
1923 : aux sources de « l'affaire Seznec »
Marina Bellot, RetroNews (BnF), 27 février 2018
Revue de presse de 1924 (L'Ouest-Éclair, La France) : ouverture du procès le 24 octobre 1924.
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Presse de l'époque
Pistes iconographiques (non reproduites)
BnF / Gallica, documents signalés par Bécédia
Portrait anthropométrique de Seznec (L'Ouest-Éclair, 25 octobre 1924) ; salle d'assises de Quimper (L'Ouest-Éclair, 31 octobre 1924) ; Bonny et Seznec (Détective, 20 juin 1948). Conditions de réutilisation non vérifiées : documents non reproduits sur ce site.
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Encyclopédie
Affaire Seznec
Wikipédia
Piste de recherche, non utilisée comme source principale.
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Dernière vérification de la fiche : 29 septembre 2026.
