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Meurtre Cote MA-04-1952

L’affaire Dominici

L'affaire de Lurs

Haute-Provence, 1952 : trois membres d'une famille britannique sont tués au bord d'une route. Le patriarche de la ferme voisine est condamné à mort en 1954, puis gracié.

Lurs (Alpes-de-Haute-Provence) 1952 – 1954 Jugée · verdict contesté

01Résumé

Dans la nuit du 4 au 5 août 1952, Sir Jack Drummond, scientifique britannique, son épouse Ann et leur fille Elizabeth, 10 ans, sont tués au bord de la route nationale 96, près de la ferme de la Grand’Terre, sur la commune de Lurs (Basses-Alpes, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence).

L’enquête se concentre sur la famille Dominici, qui exploite la ferme. En novembre 1953, le patriarche, Gaston Dominici, avoue, puis revient sur ses aveux. Jugé à Digne en novembre 1954, il est condamné à mort. Sa peine est commuée en 1957 et il est gracié en 1960. Sa culpabilité reste discutée.

02Contexte

Le 4 août 1952, la famille Drummond assiste au Corso de Digne, notamment au gala taurin de la place du Tampinet, qui rassemble plusieurs milliers de spectateurs. Le soir, elle s’installe pour la nuit au bord de la route nationale 96, près de la ferme de la Grand’Terre (Criminocorpus).

03Les faits

Selon L’Aurore du 8 août 1952, cité par RetroNews, rien n’a été volé aux victimes.

04L’enquête

L’enquête est dirigée par le commissaire Sébeille. Gustave Dominici, l’un des fils de Gaston, fait des déclarations jugées contradictoires. Il est écroué le 17 octobre 1952 pour non-assistance à personne en danger, et condamné pour ce délit en novembre 1952.

05Les protagonistes

  • Victime

    Sir Jack Drummond

    Scientifique britannique, spécialiste de la nutrition, qui avait planifié le régime alimentaire britannique pendant la guerre (Criminocorpus).

  • Victime

    Ann Drummond

    Épouse de Jack Drummond.

  • Victime

    Elizabeth Drummond

    Leur fille, âgée de 10 ans (INA).

  • Condamné

    Gaston Dominici

    Mort en 1965

    Patriarche de la ferme de la Grand'Terre, 77 ans au moment du procès. A avoué en novembre 1953, puis est revenu sur ses aveux.

    Statut judiciaire Condamné à mort sans circonstances atténuantes par la cour d'assises de Digne (verdict du 28 novembre 1954) ; peine commuée en travaux forcés à perpétuité en 1957 ; gracié le 14 juillet 1960.

  • Fils de Gaston Dominici

    Gustave Dominici

    Écroué en octobre 1952, puis condamné pour non-assistance à personne en danger. Avec son frère Clovis, il accuse son père en novembre 1953.

  • Fils de Gaston Dominici

    Clovis Dominici

    Accuse son père en novembre 1953, avec son frère Gustave.

  • Enquêteur

    Commissaire Sébeille

    Dirige l'enquête de police (RetroNews).

  • Juge d'instruction

    Juge Périès

    Organise la reconstitution (Criminocorpus).

  • Juridiction

    Cour d'assises de Digne (1954)

    Président : Bousquet ; conseillers : Combas et Deveaurin ; avocat général : Rozan ; procureur : Louis Sabatier. Défense : Mes Pollak, Léon et Bernard Charles-Alfred, Tartanson et Pierre Charrier. Partie civile : Me Claude Delorme (Criminocorpus, d'après les archives départementales).

06La justice

Le procès s’ouvre le 17 novembre 1954 devant la cour d’assises des Basses-Alpes, à Digne. D’après les documents des Archives départementales présentés par Criminocorpus, la cour est présidée par M. Bousquet ; le ministère public est représenté par l’avocat général Rozan et le procureur Louis Sabatier ; Gaston Dominici est défendu par Mes Pollak, Léon et Bernard Charles-Alfred, Tartanson et Pierre Charrier ; Me Claude Delorme représente la partie civile.

En 1957, le président René Coty commue la peine en travaux forcés à perpétuité. Le 14 juillet 1960, le général de Gaulle lui accorde sa grâce, et il est libéré. Il meurt en 1965.

07Chronologie

  1. 4 août 1952

    La famille Drummond assiste au Corso de Digne, puis s'installe pour la nuit au bord de la route nationale 96, sur la commune de Lurs.

    Établi
  2. Nuit du 4 au 5 août 1952

    Jack, Ann et Elizabeth Drummond sont tués près de la ferme de la Grand'Terre.

    Établi
  3. 5 août 1952

    Découverte des corps ; Gaston Dominici signale la découverte.

    Établi
  4. 6 août 1952

    Un rapport de gendarmerie identifie l'arme : une carabine américaine Rock-Ola de 8 mm.

    Établi
  5. 17 octobre 1952

    Gustave Dominici est écroué pour non-assistance à personne en danger ; il est condamné pour ce délit en novembre 1952.

    Établi
  6. Novembre 1953

    Mis en cause par ses fils Gustave et Clovis, Gaston Dominici avoue après de longs interrogatoires, puis revient sur ses aveux.

    Controversé
  7. Après les aveux (date exacte à vérifier)

    Reconstitution organisée par le juge Périès.

    Établi
  8. 17 novembre 1954

    Ouverture du procès devant la cour d'assises des Basses-Alpes, à Digne.

    Établi
  9. 28 novembre 1954

    Gaston Dominici est déclaré coupable sans circonstances atténuantes et condamné à mort.

    Établi
  10. 1957

    Le président René Coty commue la peine en travaux forcés à perpétuité.

    Établi
  11. 14 juillet 1960

    Le général de Gaulle accorde sa grâce à Gaston Dominici, qui est libéré.

    Établi
  12. 1965 (date exacte à vérifier)

    Mort de Gaston Dominici.

    Établi

08Ce que l’on sait aujourd’hui

  • Jack, Ann et Elizabeth Drummond ont été tués dans la nuit du 4 au 5 août 1952, près de la ferme de la Grand’Terre, à Lurs.
  • Gustave Dominici a été condamné pour non-assistance à personne en danger en 1952.
  • Gaston Dominici a avoué en novembre 1953, puis est revenu sur ses aveux.
  • Il a été condamné à mort sans circonstances atténuantes le 28 novembre 1954 ; sa peine a été commuée en 1957 et il a été gracié en 1960.

09Les zones d’ombre

10Sources

Les informations de cette fiche s'appuient sur les documents suivants. Les sources primaires (presse de l'époque, décisions de justice, archives) sont privilégiées.

  1. Archives

    L'affaire. Lurs, 4 août 1952

    Jean-Christophe Labadie, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Criminocorpus (exposition en ligne)

    Exposition fondée sur les fonds des Archives départementales : Corso de Digne, découverte des crimes, rapport de gendarmerie du 6 août 1952 (arme), reconstitution, composition de la cour et avocats du procès de 1954 (cotes 28 Fi, 43 W 65, 65 W 127, BR 02 775). Le chapitre sur le procès est intitulé « novembre 1953 » mais ses documents datent de novembre 1954.

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  2. Documentaire

    L'affaire Dominici

    INA, Fresques Sudorama, reportage diffusé le 19 novembre 1953

    Aveux de novembre 1953 ; condamnation de Gustave Dominici ; ouverture du procès le 17 novembre 1954 ; verdict sans circonstances atténuantes ; commutation de 1957 ; grâce du 14 juillet 1960 ; décès en 1965.

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  3. Documentaire

    28 novembre 1954 : verdict de l'affaire Dominici

    INA

    Page consacrée au verdict, qui en donne la date ; texte non consulté (inaccessible lors de la vérification).

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  4. Article

    Été 1952, les débuts d'un mystère : l'affaire Dominici

    Victoria Laurent, RetroNews (BnF), 19 août 2024

    Revue de presse de 1952-1954 (dont L'Aurore, 8 août 1952) : découverte, enquête du commissaire Sébeille, Gustave Dominici, accusations des fils, rétractation.

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  5. Archives

    Affaire Dominici [photographies] (1952)

    Criminocorpus, collection Philippe Zoummeroff

    Ensemble de photographies de l'enquête et de la reconstitution. Tous droits réservés : consultable sur Criminocorpus, non reproduit ici.

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Dernière vérification de la fiche : 29 septembre 2026.

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